BG 2.51 — Sankhya Yoga
BG 2.51📚 Go to Chapter 2
कर्मजंबुद्धियुक्ताहिफलंत्यक्त्वामनीषिणः|जन्मबन्धविनिर्मुक्ताःपदंगच्छन्त्यनामयम्||२-५१||
karmajaṃ buddhiyuktā hi phalaṃ tyaktvā manīṣiṇaḥ . janmabandhavinirmuktāḥ padaṃ gacchantyanāmayam ||2-51||
कर्मजं: action-born | बुद्धियुक्ता: possessed of knowledge | हि: indeed | फलं: the fruit | त्यक्त्वा: having abandoned | मनीषिणः: the wise | जन्मबन्धविनिर्मुक्ताः: freed from the fetters of birth | पदं: the abode | गच्छन्त्यनामयम्: go
GitaCentral Français
Les sages, doués de discernement, ayant abandonné les fruits de leurs actions et libérés des liens de la naissance, atteignent le séjour au-delà de toute souffrance.
English
Swami Gambirananda
Swami Adidevananda
Hindi
Swami Ramsukhdas
Sanskrit
Sri Ramanuja
Sri Madhavacharya
Sri Anandgiri
Sri Jayatirtha
Sri Abhinav Gupta
Sri Madhusudan Saraswati
Sri Sridhara Swami
Sri Dhanpati
Vedantadeshikacharya Venkatanatha
Sri Purushottamji
Sri Neelkanth
Sri Vallabhacharya
Detailed Commentary
2.51. Les sages doués d’équanimité, ayant abandonné les fruits nés de l’action, libérés des liens de la naissance, atteignent l’état exempt d’affliction. Commentaire : « Buddhiyuktā hi phalaṁ tyaktvā maniṣiṇaḥ » — Seuls ceux qui sont unis à l’équanimité sont véritablement les sages, c’est-à-dire les intelligents. Il est également dit au dixième verset du dix-huitième chapitre que celui qui ne hait pas les actions inauspiciées et ne s’attache pas aux actions auspicieuses est un medhāvī (un sage). L’action mûrit inévitablement en son fruit. Nul ne peut véritablement abandonner le fruit de l’action. Par exemple, si quelqu’un sème des graines dans un champ sans désir, le champ ne produira-t-il pas de grain ? S’il est semé, il poussera assurément. De même, si l’on accomplit une action sans désir, on recevra certainement le fruit de cette action. Par conséquent, ici, abandonner le fruit né de l’action signifie abandonner le désir, l’aspiration, l’attachement et la convoitise pour le fruit de l’action. Chacun est capable d’abandonner cela. « Janmabandhavinirmuktāḥ » — Les chercheurs sages doués d’équanimité deviennent libérés des liens de la naissance. La raison en est qu’en étant établis dans l’équanimité, pas même une trace de défauts tels que l’attachement-aversion, le désir, la convoitise, le possessivité, etc., ne subsiste en eux. Ainsi, il ne reste aucune cause pour leur renaissance. Ils deviennent éternellement libérés des liens de la naissance et de la mort. « Padaṁ gacchanty anāmayam » — « Āmaya » est le nom de la maladie. La maladie est une modification. Ce qui n’a pas la moindre modification d’aucune sorte est appelé « anāmaya », c’est-à-dire exempt de modification. Les sages doués d’équanimité atteignent un tel état libre de modification. Cet état même exempt de modification est désigné comme « l’état impérissable » au cinquième verset du quinzième chapitre et comme « l’état éternel impérissable » au cinquante-sixième verset du dix-huitième chapitre. Bien que dans la Gītā, la qualité de sattva soit aussi appelée anāmaya (14.6), en réalité, anāmaya (exempt de modification) est uniquement la nature essentielle propre ou la Réalité Suprême ; car c’est le principe au-delà des guṇas, ayant atteint lequel, on n’a plus jamais à entrer dans le cycle des naissances et des morts. Puisque la qualité de sattva est un moyen pour atteindre la Réalité Suprême, le Seigneur l’a également appelée anāmaya. Qu’est-ce qu’atteindre l’état anāmaya ? Prakṛti est sujette à modification, par conséquent ses effets — le corps et le monde — sont aussi sujets à modification. Bien que soi-même soit exempt de modification, lorsque l’on s’identifie à ce corps changeant, on se considère également comme sujet à modification. Cependant, lorsque l’on renonce à la relation supposée avec le corps, alors on expérimente sa propre nature innée, non modifiée. Expérimenter cette liberté naturelle de modification est ici appelé atteindre l’état anāmaya. Dans ce verset, l’emploi du pluriel dans les mots « buddhiyuktāḥ » et « maniṣiṇaḥ » implique que tous ceux qui s’établissent dans l’équanimité, chacun d’entre eux, atteignent l’état anāmaya et sont libérés. Pas un seul parmi eux ne reste en arrière. Ainsi, l’équanimité est le moyen infaillible pour atteindre l’état anāmaya. Ceci établit la règle que lorsque cesse la relation avec les objets périssables d’origine et de dissolution, la liberté de modification, évidente par elle-même, est spontanément expérimentée. Pour cela, aucun effort n’est requis ; car cette liberté de modification n’est pas quelque chose à créer — elle est évidente par elle-même et naturelle par défaut. Lien : Le processus pour atteindre l’état anāmaya mentionné dans le verset précédent — celui-ci est expliqué dans les deux versets suivants.